A méditer :  "Une petite impatience ruine un grand projet."    Confucius

Actualités

NON AU CHAOS ET AU FATALISME CAR LES RAISONS D’UNE EMERGENCE DE L’AFRIQUE DEMAIN SONT REELLES! - par Boubacar NDiaye le 12/03/2010 @ 11:28

M.Abdoullah Coulibaly .Vice président Fondation FORUM DE BAMAKO


NON AU CHAOS ET AU FATALISME CAR LES RAISONS DUNE ÉMERGENCE DE LAFRIQUE DEMAIN SONT RÉELLES!

 « Le plus important est à mes yeux, la gestation d’un rêve à l’orée d’un siècle. Cette coïncidence est la plus forte symbolique qui doit servir de levain à nos efforts communs, pour imprimer à notre espace arc-en-ciel, à la fois l’envol et l’envergure d’une masse critique de femmes et d’hommes qui ont tenté de composer pour la prospérité, l’hymne d’une Afrique solidaire dans un monde uni.

 Analyser la faim, c’est apprécier dans toute sa dimension la responsabilité de l’homme face à la souffrance de l’homme. Qu’il s’agisse du réchauffement de la planète, de la menace nucléaire, des fanatismes et in- tolérances de tous bords ou du terrorisme globalisé, c’est de la main de l’homme qu’il est question. Une main hantée qui trouble tout ordre, tout équilibre qu’elle touche au passage.

 Tous les analystes s’accordent sur ce point, je cite : ‘‘Les causes de la famine se répartissent en deux catégories bien distinctes. La première englobe les phénomènes naturels dévastateurs, généralement soudains, imprévisibles, de grande ampleur, qui détruisent les cultures et anéantissent les cheptels : tremblements de terre, inondations, sécheresses, invasions d’insectes (comme les criquets), maladies épidémiques des plantes.

 La seconde implique directement des comportements humains : les guerres, avec leur cortège de destructions, avec leur parti pris délibéré de détruire les productions des adversaires ; les états de siège, aux siècles passés, qui visaient à réduire les opposants par la faim et de nos jours, le boycott économique organisé contre un État, en vue de lui imposer une ligne politique. Ce boycotte a pour conséquence une situation de pénurie extrême, impliquant la fa- mine pour les populations pauvres de l’État concerné ».

 La faim est une insulte pour toute conscience digne de ce nom. Insulte parce que la faim ronge, consume et tue tout ce qu’il y a d’humain dans l’homme : le corps et son charme, l’âme et sa beauté, le cœur et sa dignité, la foi et sa grandeur, la raison et ses raisons. Insulte parce qu’elle est spéculation foncière est devenue la poudrière nourricière.

 Sur les ruines de ces ressources dilapidées, d’une érosion galopante et d’un environnement pollué, gît une jeunesse réduite au chômage et au désespoir. Une jeunesse envoutée par la tentation de fuir la misère, l’obsession de partir avec le sentiment que c’est le seul parti qui lui reste [...] Partir affronter les barbelés, les bastonnades, les prisons, les violences et l’humiliation de la répulsion sauvage. Néanmoins, partir pour fuir l’Afrique, son instabilité, ses dictatures, ses génocides, ses pillages, ses détournements, ses pandémies de SIDA, bref, sa misère et sa mort.

 Se confiner dans un chaos qui n’incrimine que l’autre ? Basculer dans le terrorisme qu’on vous impose ? Tomber dans le fatalisme et capituler devant l’histoire ? À tout cela, le Forum de Bamako est de ceux qui disent « Non ! ». Non ! Parce qu’aucune conscience humaine digne de ce nom ne peut demeurer anesthésiée, insensible, face à un phénomène qui fauche à la fois et en même temps, notre passé et notre avenir. Non ! Parce que partir certes, mais sur de nouvelles bases, avec un nouvel état d’esprit, sur de nouveaux sentiers : ceux de « la révolution verte » !

 Il ne reste à l’Afrique que de lui ouvrir cette porte en investissant dans la recherche agronomique, en mettant en confiance tous les acteurs de la chaîne par une bonne lecture de leurs intérêts qui, par endroits, peuvent s’avérer antagoniques.

 Nous avons toutes les raisons d’espérer parce que les analystes sérieux disent que les batailles économiques actuelles déboucheront sur l’émergence de l’Afrique ».

Extraits de l’allocution de M. Abdoullah Coulibaly  Vice President  de la Fondation Forum de Bamako à la cérémonie d’ouverture.


investir, oui. Aider, surtout… - par NDiaye le 05/03/2010 @ 16:47

Habib Houane, le directeur Afrique de la CNUCED
T. Perret / RFI

Forum de Bamako : investir, oui.Aider, surtout…


Au troisième jour du Forum de Bamako, consacré à la faim en Afrique et au défi alimentaire, les participants continuent d’inventorier les scénarios de relance d’une agriculture africaine qui a été longtemps un parent pauvre des politiques de développement. L’investissement est la pierre angulaire de ce qui ressemble à un plan de sauvetage où l’Etat a un rôle crucial à jouer.

En Afrique, les activités agricoles occupent environ 75% des populations actives, procurent au continent 42% de son PIB, et les exportations de produits agricoles représentent plus de 60% des recettes d’exportation… Quelques chiffres pour dire combien la croissance de l’agriculture « constitue la seule base possible pour un développement économique rapide sur une longue période », souligne Dramane Haidara, directeur adjoint du bureau régional de l’OIT, en rappelant que « la pauvreté en Afrique étant d’abord un phénomène rural, une croissance dynamique du secteur agricole est indispensable à une rapide réduction de la pauvreté. »

Le développement agricole passe par l’investissement : sur ce point, tout le monde converge. Mais les échanges – et les apartés - lors de ce Forum de Bamako consacré au défi alimentaire démontrent que l’accroissement de l’investissement ne va pas de soi. Si l’on interroge par exemple les opérateurs privés, les réactions sont instructives : quid de l’agro-industrie, souvent citée comme un axe à privilégier pour l’agriculture ? « C’est difficile », reconnaît en souriant Y.C., un de ces promoteurs dynamiques qui s’efforcent de diversifier leurs activités « sauf dans l’agriculture »…car « l’agriculture suppose un investissement sur le long terme, avec une rentabilité également à long terme, dans des conditions souvent aléatoires. Il faut que les agriculteurs produisent. Il faut assurer le transport, etc. Si l’environnement devient plus favorable, les privés pourront peut-être s’engager, et à condition d’avoir les reins solides. »

Même perplexité du côté des financeurs. « Le financement rural est jugé trop risqué et peu rentable par les banques à cause essentiellement de la méconnaissance et de la complexité du secteur du développement rural », indique le PDG de la Banque nationale du développement agricole (BNDA) du Mali. Toutefois, même pour une banque de développement comme la BNDA, il faut considérer que « l’on opère dans un domaine très concurrentiel. Il faut donc sécuriser le crédit rural pour que l’activité soit viable ». Or, souligne Moussa Alassane Diallo, « l'expérience des banques spécialisées dans le financement du monde rural en Afrique montre aujourd'hui que toutes les activités économiques du monde rural ne sont pas bancables dans l'environnement actuel. »

Les regards se portent donc vers la puissance publique. « Toutes les nations qui ont réussi à promouvoir une sécurité alimentaire durable ont soutenu leurs paysans à travers une panoplie de subventions, mais aussi de mesures d’encadrement et d’une recherche/développement efficace », rappelle le directeur Afrique de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), Habib Ouane, qui évoque la nécessité d’un « consensus africain » pour remettre l’agriculture au centre du développement. Ceci après plusieurs décennies de libéralisation imposée qui, si elle a permis de réduire quelques distorsions, a aussi « consacré l’abandon du soutien aux petits producteurs ».

Réarmer l’Etat pour lui permettre de faire face à ses tâches ? Martin Ziguele, ancien Premier ministre de République centrafricaine, évoque « un déficit conceptuel initial » qui a conduit à « la prise en main de nos politiques de développement par divers intervenants extérieurs ». Mais le développement à marches forcées, induit de l’extérieur, n’a pas eu l’impact souhaité. « Il faut promouvoir une croissance soutenue et durable par l’accroissement à tout prix des investissements ». Et, bien sûr, ceux-ci doivent retrouver le chemin du monde agricole : « une réorientation des dépenses publiques est toujours difficile, mais dans le cas de l’agriculture, elle est plus que jamais nécessaire. L’investissement public joue un rôle déterminant dans le financement de certaines infrastructures et dans les services d’éducation et de santé, de vulgarisation agricole, de recherche et développement, éléments indispensables à une croissance rapide de l’agriculture », affirme Dramane Haidara.

                 
Office du Niger : un si long chemin

Djibril Aw est agronome et a passé la majeure partie de sa carrière à la Banque mondiale. Cet homme au verbe rapide n’est pas seulement un spécialiste des questions d’aménagement rural et d’irrigation. C’est un passionné, capable de vous entretenir longuement des modes de culture et des aspects techniques de l’irrigation par gravitation qui prennent avec lui un aspect concret, stimulant : on croit comprendre ce qui, de fait, est complexe.

L’aventure de l’Office du Niger, il la connaît bien pour avoir mené au milieu des années 1990 la réforme de cette société de développement longtemps restée en déshérence, qu’il s’agissait de rendre viable. Et de fait, les résultats ont été spectaculaires. Quelques rappels : si les colonisateurs ont lancé le vaste projet Office du Niger, visant à exploiter l’immense potentiel du delta du fleuve Niger, véritable mer intérieure dont les ressources en matière d’irrigation semblent colossales, les objectifs (qui visaient surtout la culture du coton) sont alors loin d’être atteints : un millier de tonnes de coton-fibre produites pour 100 000 tonnes escomptées dans les années 1960. Et un coup d’arrêt a lieu quelques années après l’indépendance. Alors que la culture du coton est abandonnée en 1970, de 45 000 ha de terres aménagées, on passe à quelque 50 000 ha.

Puis plus rien. Pendant vingt ans, l’Office du Niger figure au palmarès de ces sociétés de développement aux énormes lacunes de gestion dont les bailleurs de fonds réclament avec insistance la réforme, tandis que l’Etat répond, avec constance, par l’immobilisme. Pendant ce temps, un tiers des terres aménagées sont abandonnées, faute d’entretien. Au début des années 1980, un test à petite échelle montre toutefois qu’il est possible d’augmenter considérablement la productivité.

La réforme achevée en 1996 est d’ampleur : 70% du personnel, y compris les cadres, est compressé. L’Office change de statut et on clarifie ses missions. Désormais il se concentre sur la gestion de l’eau, deux autres tâches lui étant seulement déléguées : tels le conseil rural et la planification. Depuis, si des fluctuations liées aux investissements ont lieu, l’aménagement reprend à un bon rythme. Entre 1996 et aujourd’hui, quelque 28 000 ha sont concernés. Et les rendements augmentent : ils sont multipliés par 10 pour le riz paddy, depuis 1983 ! Et atteignent 6, voire, dans les meilleurs cas, 8 tonnes à l’hectare aujourd’hui, ce qui semble peu dépassable.

Djibril Aw souligne combien sont remarquables, dans ce processus, les capacités d’adaptation des producteurs aux innovations, au rebours de bien des idées reçues sur le paysannat en Afrique. Des difficultés d’un nouveau genre apparaissent toutefois : l’Office ayant été un facteur d’attraction, la pression sur les terres s’est accrue au point de réduire à l’excès la taille des exploitations. Par ailleurs l’augmentation des surfaces irriguées va se heurter à une contrainte forte, celle de la disponibilité en eau. « Je suis catégorique, indique l’expert. Si on a 1,5 million d'hectare de terres potentiellement irrigables, la capacité en eau limite de fait les possibilités. » Un objectif paraît réaliste : 200 000 ha de riz d’hivernage en 2020. « Mais c’est pas gagné »…


Source Thierry Perret/ RFI


Propositions 11ème FORUM DE BAMAKO - par Mohammed Lassana Doumbia le 05/03/2010 @ 12:10

11ème FORUM : Propositions de thème

CONTACTS

PROPOSITIONS

01

HervéBourges

 

herve.bourges@francetv.fr

"Média, démocratie et développement"

02

Marcel Monin

 

moninmarcel@yahoo.fr

"techniques et technologies du développement".

 

03

Demba Diallo

 

demba.diallo@innhotep.com

"Innovation technologique et croissance économique : quelles perspectives d'ancrage gagnant de l'Afrique dans la globalisation? "

 

04

VASSEUR Philippe

 

vasseuph@cmne.fr

 

"Quelles entreprises pour le développement de l'Afrique?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

05

 

 

Thierry Téné

thierry.tene@a2dconseil.eu

 

Directeur A2D Conseil www.a2dconseil.eu

Pour la thématique du 11ème Forum de Bamako, les discussions devront porter sur l'entreprenariat comme levier du développement de l'Afrique avec des focus sur points suivants:

- Quelle entreprise pour le développement durable de l'Afrique

- La Transformation du système informel en économie sociale et solidaire

- Comment impulser la création d'entreprises par les jeunes?

- l'économie immatérielle

- formation des futurs entrepreneurs

- les entreprises africaines face à la Responsabilité Sociale et Environnementale

- Approches nouvelles: écologie industrielle, économie circulaire, green business, HSQE, Bilan carbone, éco-conception, etc.

 

 

 

 

 

 

 


Conclusion des travaux du 10ème FORUM de BAMAKO - par Mohammed Lassana Doumbia le 24/02/2010 @ 10:17

Rapport de synthèse

 
 L'Afrique 50 ans après : le défi  alimentaire  la faim  sur le  continent
                               

Introduction

Le Forum de Bamako, espace de réflexion, de partage d’expériences et de points de vue sur les grands sujets de l’heure qui touchent le continent africain, a tenu sa dixième édition du 16 au 20 février 2010.

Une visite de terrain, en zone Office du Niger effectuée du 13 au 15 février a précédé les travaux proprement dits du forum.

Trois sites ont abrité les travaux, à savoir le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) pour la cérémonie d’ouverture, l’Hôtel SALAM, pour l’essentiel des travaux et la cérémonie de clôture, la Maison de la Presse pour les débats sur le « Rôle des médias dans le processus du développement démocratique de l’Afrique ».

Les séances d’ouverture et de clôture ainsi que la session inaugurale intitulée : « l’Afrique50 ans après les indépendances,le paradoxe de la pauvreté »,ont été présidées par le Président du Forum de Bamako, Monsieur le Premier Ministre Modibo SIDIBE, Chef du Gouvernement de la République du Mali.

Le Forum de Bamako qui s’emploie au fil des années, à travers ses propositions et recommandations,à devenir une source d’inspiration pour les dirigeants africains et d’actions pour les acteurs économiques et politiques du continent a choisi pour cette dixième édition comme thème central : l’Afrique 50 ans après : le défi alimentaire, la faim sur le continent ».

Ce thème a été choisi pour amener les africains à s’interroger sur ce qu’ils ont fait d’eux-mêmes durant les 50 années d’indépendance quand on sait que la grande majorité des habitants du continent souffre de la faim et cela malgré l’existence de fortes potentialités agricoles. Cette faim, selon le Vice-président du Forum « insulte, parce que la faim ronge, consume et tue tout ce qu’il y a d’humain dans l’Homme : le corps et son charme, l’âme et sa beauté, le cœur et sa dignité, la Foi et sa grandeur, la raison et ses raisons ».

Ainsi, pour analyser en profondeur les causes du phénomène et proposer de nouvelles perspectives, le Forum a réuni près de 300 participants venant d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, et d’Europe, comprenant des hommes politiques, des spécialistes de l’Agriculture au sens large du terme, des scientifiques, desacteurs économiques, des hommes de médias, etc. Une cinquantaine de communications a été présentée et a fait l’objet de discussions.

Le présent rapport de synthèse est structuré comme suit :

-état des lieux sur la faim et la pauvreté en Afrique,

-analyse des causes et explication du phénomène,

-desatoutsdu continentafricain,

-expériences de certains pays en matière d’agriculture,

-défis à relever pour le futur,

-stratégies à mettre en œuvre,

-recommandations fortes.

 

1.Etat des lieux sur la faim et la pauvreté en Afrique

Le continent africain compte 53 pays, couvre une superficie de 30 221 532 Km2 et abrite une population estimée à un milliard d’individus en 2010. Son économie est dominée par le secteur agricole quimobilise 60% des actifs et contribue pour 17% au PIB. La part de l’Agriculture dans lesexportations des marchandises est de20%.

L’analyse de la situation du continent de 1960 à nos jours montre une récurrence de la faim et de la pauvreté avec des indicateurstrès préoccupants.

Sur le plan alimentaire et nutritionnel, de nombreux pays africains sont toujours confrontés à des pénuries et à une insécurité, alimentaires du fait de la sécheresse, de conflits et de conditions rigides de l’offre. Ainsi, surun milliard de personnes souffrant defaim dans le monde,  l’Afrique en compte 265millions.Ce continent abrite ainsi le quartde la population mondiale souffrant de la faim. Par ailleurs, unafricain sur trois est malnutri, un enfantsur 6 souffre de famine et unenfant de moins de 10 ans meurt de faim toutes les 5 secondes.

Sur le plan de la pauvreté, l’Afrique reste le continent le plus pauvre. L’Afrique, notamment l’Afrique subsaharienne, constitue avec l’Asie du Sud, les zones les plus touchées par la faim et la pauvreté. D’après les prévisions, la pauvreté devrait augmenter de 40 % en Afrique dans les 30 années à venir, et elle abritera alors le tiers des pauvres du monde. L’incidence de la pauvreté observée varie entre 43 et 85% selon les pays, mais dans tous les cas, la majorité des pauvres (60 à 70%)vit en milieu rural où cette incidence se situe entre72 et92%.

2.Analyse des causes et explication du phénomène

Les principales causes de la faim se répartissent en deux groupes bien distincts:

« Le premier englobe les phénomènes naturels dévastateurs, généralement soudains, imprévisibles, de grande ampleur, qui détruisent les cultures et anéantissent les cheptels : tremblementsde terre, inondations, sècheresses, invasions d’insectes (comme les criquets), maladies épidémiques des plantes. Les calamités naturelles conduisent à des pertes de productions importantes, ce qui crée une pénurie généralisée de denrées alimentaires au niveau d’un espace donné (pays, sous-régions, etc.). Le second groupeimplique directement des comportements humains : les guerres et les conflits avec leur cortège de destructions et la mauvaise gouvernance».

Dans la bande sahélienne, les populations redoutent surtout la sécheresse et les déprédateurs comme les sautériaux et les criquets.

Les guerres et les conflits sont encore nombreux en Afrique. Toutes les régions sont concernées : Maghreb, Corne de l’Afrique, Afrique Centrale, Afrique de l’Ouest, etc. Elles détournent les populations laborieuses des activités productives en enrôlant les bras valides dans les armées ou les milices et en créant un climat de terreur. Les conséquences sont l’abandon des activités de production agricole, les déplacementsinterminables des populations, l’augmentation du nombre de réfugiés, toutes choses qui créent des drames humanitaires.

Les gouvernements africains ont également de réels problèmes d’efficacité dans l’exécution des politiques publiques, qui se traduisent par une faible intensification de l’agriculture (faible utilisation des intrants, faible niveau d’équipements agricoles, insuffisance des aménagements et infrastructures, faible accès au marché)et par conséquent une faible productivité agricole. Seulement 4% des terres sont irriguées en Afrique contre 20 % en Asie. Le niveau de financement de l’agriculture reste encore faible en Afrique.La plupart des pays africains n’utilisentpas 10%du budget de l’Etat dans l’agriculture, taux recommandé à la conférence de Maputo en 2003.

3. Atouts du continent africain

Les pays africains rencontrent certes des difficultés mais ils ont des atouts que sont :

-les grandes potentialités agricoles du continent (eau, terre de cultures, soleil, pétrole, gaz) ;

 

-une population jeune et en pleine croissance ;

 

-un taux de scolarisation et d’alphabétisation en forte augmentation dans certains pays ;

-des stratégies réussies en matière de développement agricole dans certaines zones et pays (zone office du Niger, Malawi, Rwanda…) ;

-des Etats démocratiques en cours de construction.

4. Expériences réussies de certains continents et pays non africains en matière d’agriculture

Des pays comme la Chine, les USA et certains continents comme l’Europe ont pu promouvoir leur développement économique et social et leur sécurité alimentaire en prenant les options ci-après :

-en faisant de l’agriculture le fer de lance de leur développement ;

-en adoptant une politique volontariste en faveur de l’agriculture par des investissements publics importants, ou en la subventionnant massivement ;

-en finançant l’agriculture par des ressources financières internes, notamment à partir du budget d’Etat ;

-en travaillant en synergie avec le secteur privé ;

-en améliorant l’éducation, la formation et l’alphabétisation de la population.

5. Défis à relever pour changer la situation actuelle

-assurer la sécurité alimentaire d’une population en forte croissance,

-améliorer le revenu de la population, notamment en milieu rural,

-assurer une gestion durable des ressources naturelles,

-assurer une bonne gouvernance des Etats,

-assurer un financement durable de l’agriculture par des ressources internes,

-assurer l’intégration politique et économique des Etats africains,

-développerun capital humain performant.

6. Politiques et stratégies à mettre en œuvre

La lutte contre la faim et la pauvreté implique la mise en œuvre d’un ensemble de politiques, de stratégies nationales et régionales cohérentes ci-après :

6.1. Amélioration de la sécurité alimentaire

-l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de maîtrise de l’eau afin de développer l’irrigation et augmenter l’intensité culturale,

-le renforcement des capacités des producteurs en matière de formation, de gestion et d’approvisionnement en matériels et intrants agricoles, par la mise en place d’un système de crédit adapté,

-la diversification des systèmes de production agricoles pour contenir les risques climatiques,

-l’investissement dans l’agriculture vivrière pour assurer l’approvisionnement des marchés nationaux,

-la diffusion des technologies pour améliorer leur adoption,

-l’amélioration des systèmes d’information des marchés des produits agricoles,

-le renforcement de la capacité des institutions de recherche agricole, universitaireet de vulgarisation agricole,

-la mise en place d’infrastructures d’irrigation performantes pour limiter les pertes d’eau.

6.2. Amélioration du revenu de la population

-la mise en place de programmes d’électrification en milieu rural,

-l’investissement dans la construction d’infrastructures de commercialisation et de transformation et de conservation,

-l’amélioration de la qualité des produits par le développement de technologies adaptées,

-la promotion des énergies renouvelables pour améliorer les revenus des producteurs,

-le développement de stratégies chaîne de valeur pour augmenter la valeur ajoutée des filières agroalimentaires.

-le désenclavement des zones de production par la construction de pistes rurales,

6.3Amélioration de la gestion durable des ressources naturelles

-la mise en place de systèmes de production durables et performants,

-l’élaboration de stratégies d’adaptation aux changements climatiques.

6.4. Amélioration de la gouvernance des Etats

-le renforcement du rôle des organisations régionales et sous régionales dans la gestion et le règlement des conflits.

6.5. Amélioration du financement durable de l’agriculture par des ressources internes

-la mise en place d’une politique de subvention,

-la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole pour créer l’emploi.

6.6.Amélioration de l’intégration politique et économique des Etats africains

-l’intégration des marchés régionaux et sous-régionaux,

-l’adoption de politiques d’intégration aux échelles régionale et sous régionale pour favoriser l’émergence des marchés propices à l’approvisionnement en intrants à moindre coûts et à l’écoulement des produits agricoles.

6.7. Développement du capital humain performant

-le renforcement des capacités de l’ensemble de la population par des actions d’alphabétisation et de formation pour un meilleur accès et une meilleure utilisation de l’innovation scientifique,

-la mise en œuvre de programmes nutritionnels d’urgence et de prévention, des maladies des enfants,

-la mise en place d’une stratégie d’assurance rurale

-le renforcement de la presse dans le rôle de formation, de sensibilisation et d’éducation des populations africaines,

-la mise en place de programmes incitatifs pour l’insertion des jeunes dans le secteur agricole.

7. Recommandations fortes

-assigner à l’agriculture une mission de service public en vue d’une dotation budgétaire conséquente,

-financer l’agriculture principalement par des ressources financières internes au pays pour garantir sa durabilité,

-élaborer et mettre en œuvre une loi foncière sécurisante pour la production

-agricole afin d’amener les Africains à investir davantage dans le secteur agricole,

-promouvoir l’emploi non agricoledans les zones rurales,

-développer des stratégies d’adaptation des producteurs aux changements climatiques surtout dans les zones vulnérables,

-promouvoir la bonne gouvernance par l’application et le suivi des politiques agricoles mises en œuvre,

-renforcer l’intégration des Etats et la mise en cohérence des politiques agricoles.

 

Bamako, le 20 février 2010-02-20

LE FORUM



l'Afrique face au défi alimentaire - par Boubacar N Diaye le 23/02/2010 @ 10:54

M. Modibo Sidibe President de la Fondation Forum de Bamako

Monsieur MODIBO SIDIBE . Président de la FONDATION FORUM DE BAMAKO


l'Afrique face au défi alimentaire

"Qu'avons nous fait de nos cinquante ans?" La question semble être au coeur de la 10e édition du Forum de Bamako qui a ouvert ses portes le 16 février. Cette rencontre de décideurs et de spécialistes aborde cette année la question cruciale de la résolution des crises alimentaires dont le continent souffre régulièrement.

 "L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a affirmé le Premier ministre malien Modibo Sidibé, mardi 16 février, lors de son discours d'ouverture du Forum de Bamako. La 10e édition de cet événement, organisé par la Fondation du même nom (FFB, qui est elle-même une émanation de l'Institut des hautes études en management), soulève cette année la question du défi alimentaire.

Sur le thème, "L'Afrique 50 ans après: la faim sur le continent africain", des dizaines d'universitaires africains, européens, américains, ainsi que des décideurs publics et des spécialistes des questions de développement vont débattre et exposer leurs idées jusqu'au samedi 20 février.

 "Il n'y a pas de fatalité. Le capital humain est sans conteste le plus important du développement agricole", a ajouté le Premier ministre. Qui a également rappelé que la croissance démographique peut être source de richesses si elle est bien gérée.

Le facteur social et politique

"90% des enfants malnutris vivent en Asie et en Afrique. En 2050, il y a aura 9,1 milliards de personnes dans le monde et il va falloir augmenter de 70% la production agricole actuelle", a déclaré Alice Martin-Daihirou, la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM). Le défi est immense.

Pour y faire face, importer davantage de produits alimentaires n'est pas une option satisfaisante. D'autant que ce palliatif n'a pas empêché les émeutes de la faim auxquelles ont été confrontés des pays comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou le Sénégal en 2008. Une situation qui risque fortement de se reproduire en 2010.

Par ailleurs, le difficile contexte politique et social de certains pays du continent ne fait qu'aggraver les pénuries alimentaires qui les frappent. Au Zimbabwe, l'embargo instauré par l'Union européenne (UE) et par les Etats-Unis contribue à plonger la population dans une pauvreté extrême, alors que la situation du pays n'était déjà pas brillante. Depuis la réforme agraire initiée par le président Robert Mugabe en 2000, la production agricole du pays a dramatiquement chuté.

En 2009, le Kenya a lui aussi été victime d'une grave pénurie alimentaire. L'ONU a dû organiser une collecte de fonds pour tenter de venir en aide aux 10 millions de victimes d'une famine potentielle provoquée par des raisons climatiques autant que politiques.

Pour améliorer le sort des populations, une seule solution: un sursaut des décideurs africains que le Forum de Bamako se propose de favoriser. "La révolution verte exige une grande solidarité (. . .). Nos dirigeants, nos élites doivent réagir", a lancé Abdoulah Coulibaly, vice-président du FFB.
 

                                                                                                                                Source : Jeune Afrique

l’agriculture, une mission de service public - par Mohammed Lassana Doumbia le 21/02/2010 @ 17:43

Ahmed Ould Abdallah, repésentant spécial de l'ONU en Somalie
Ahmed Ould Abdallah, repésentant spécial de l'ONU en Somalie, venu au Forum de Bamako évoquer l'impact des conflits sur le développement des pays.
T. Perret / RFI

l’agriculture, une mission de service public

Par RFI

Consacré à la question de l’alimentation et de l’agriculture, 50 ans après les indépendances africaines, le Forum de Bamako s’est achevé samedi en rappelant la responsabilité de l’Etat africain, invité à consacrer des ressources suffisantes et durables à son développement agricole.

De notre correspondant à Bamako, Thierry Perret

Hervé Bourges, sacré par les Maliens « monument » vivant de la presse aura été, avec Ahmedou Ould-Abdallah, un des derniers intervenants du Forum de Bamako. L’un pour brosser un vaste panorama des enjeux médiatiques en Afrique, où il a souligné l’impact encore à venir de la révolution numérique, l’autre – actuellement représentant spécial de l’ONU en Somalie – pour évoquer les conflits actuels et leur impact sur le développement.

C’est dire si le Forum de Bamako, consacré pour sa dixième édition au défi alimentaire, a envisagé de larges aspects au-delà du strict domaine de l’agriculture et de ses politiques. Ceci pour conclure sur un ensemble de recommandations dont on peut retenir l’accent mis sur les ressources à mobiliser en vue d’« assigner à l’agriculture une mission de service public », sur la base de ressources budgétaires durables. Celles-ci seront d’abord, souligne le forum, des ressources internes, propres à assurer la pérennité des politiques : il est ainsi rappelé que le niveau de financement de l’agriculture reste inférieur au seuil des 10% du budget de l’Etat, défini par l’Union africaine lors de la conférence de Maputo, en 2003.

On retrouve de ce fait une dominante des débats, qui ont mis l’accent sur le rôle de l’Etat africain et la définition par celui-ci d’une vision du développement agricole adaptée aux réalités du continent. Sur un milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde, un quart sont en Afrique, et les pays africains sont toujours confrontés, après un demi-siècle de politiques de développement, « à des pénuries et à une insécurité alimentaires du fait de la sécheresse, de conflits et de conditions rigides de l’offre (agricole) ». Celles-ci conduisent à revenir à une priorité absolue, celle de l’alimentation des populations ; parvenir à y satisfaire suppose de réviser des politiques publiques qui n’ont pas permis une intensification de l’agriculture africaine toujours caractérisée par une série de faiblesses : utilisation insuffisante des intrants, faible niveau des équipements agricoles, des infrastructures et des aménagements, faible accès au marché. En découle la faiblesse de la productivité.

« Il y a eu tellement de politiques mises en place depuis l’indépendance ! », a répondu pour sa part le président du Mali, Amadou Toumani Touré, invité à réagir aux préconisations du Forum. « Dans le cas du Mali, nous avons déjà fait un gros effort », signale le chef de l’Etat, notamment en accordant entre 13 et 14 % du budget malien à l’agriculture. Et le pays a souhaité unifier sa stratégie dans un document d’orientation « fédérateur » : la loi d’orientation agricole. Mais ATT reconnaît les contraintes : « l’agriculture n’est pas considérée comme une activité valorisante par les jeunes… c’est toute une mentalité avec laquelle il faut rompre ». Il rappelle aussi, en dépit de son potentiel, les limites imparties par les aléas climatiques ; et reconnaît que la commercialisation reste le maillon faible de l’agriculture. Sans oublier le fait que le Mali, s’il produit assez pour ses besoins, est aussi « le grenier à céréales » de sa sous-région. Que faut-il faire : « fermer les frontières ? » En matière d’amélioration de la gouvernance, qui passe par l’amélioration si souvent évoquée de la « ressource humaine », souligne-t-il encore, il faut voir d’où vient le Mali : en 1960, le pays comptait 36 fonctionnaires !

L’agriculture, l’intégration et la… politique

La problématique du développement peut-elle être dissociée de la politique ? L’actualité a en tout cas repris ses droits à Bamako : au moment où le forum insistait sur la nécessaire coordination des politiques régionales en matière d’agriculture, la capitale malienne accueillait le sommet des chefs d’Etat de l’UEMOA (Union monétaire ouest-africaine), où la question du Niger a bien sûr été évoquée. Revenant d’une cérémonie très symbolique - la pose de la première pierre pour ce qui sera le futur siège, au Mali, du parlement de l’UEMOA-, ATT a choisi devant les participants au forum d’évoquer la difficulté pour des Etats partageant le même espace à « travailler ensemble ». Il faisaIt, ici, explicitement allusion à la situation sécuritaire dans la bande sahélo-sahélienne, au moment où la libération par le Mali, voici deux jours, de quatre terroristes liés à l’enlèvement du français Pierre Camatte, suscite la controverse. Ou comment l’agriculture rencontre la politique, quand l’insécurité n’est pas qu’alimentaire…

                                                                                                                                                         Source rfi.fr

10ème FORUM de Bamako : Résumés Communications - par Boubacar N Diaye le 08/02/2010 @ 15:13

logoffb.JPG

                                                 10ème ÉDITION


L'Afrique 50 ans après :

Le défi alimentaire, la faim sur le continent,


Le résumé des communications:


Martin ZIGUELE: Ancien premier ministre de la république centrafricaine.
L’AFRIQUE 50 ANS APRES LES INDEPENDANCES : BILAN ET PERSPECTIVES

Marco Fondation SYNGENTA
:

Reflection on Agriculture and food Security in West Africa

Dr Sérémé Paco, Directeur Exécutif du CORAF/WECARD :
Quelle politique de recherche agricole en Afrique

Thierry TENE  A2D Conseil:
L’AGRICULTURE AFRICAINE FACE AUX PROBLEMATIQUES NOUVELLES

Djibril AW :
Étude de cas de l’Office du Niger

Jacques GERARD :Membre honoraire du Conseil économique, social et environnemental de la République française.
« Parabole du poulet, de la morue, du riz et du blé »

Dramane HAIDARA: Directeur Adjoint,Bureau sous régional de l’OIT pour l’Afrique de l’Ouest

Croissance économique et emploi rural agricole et non agricole en Afrique subsaharienne 

Dr J Scott Angle:Université de Géorgie, Collège des Sciences Agricoles et Environnementales

Le succès de l'agriculture de l’Amérique du Nord

Youssouf Camara Ph.D Economic Affairs Officer, UN Economic Commission for Africa (UN ECA) ( voir CV)  

Summary of ECA Présentation (English version)

MOUSSA ALASSANE DIALLO Président Directeur Général de la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA) Mali 

L’Afrique 50 ans après, la faim sur le continent, le défi alimentaire


Synthèse du 9ème FORUM - par Abdoullah Coulibaly le 29/10/2009 @ 16:38

entete ffb.JPG

            SYNTHESE DU 9è FORUM

                     LA GOUVERNANCE

Nous avons procède a la clôture de la 9e Édition du Forum de Bamako sous la présidence effective du Premier Ministre, M. Modibo Sidibé, qui en avait fait de même pour l’ouverture, le 19 Février 2009.

 Je voudrais, au nom de tous les participants, vous exprimer, M. le Président de la République notre très sincère gratitude pour votre soutien toujours renouvelé au Forum de Bamako qui, au fil des éditions, est devenue la principale rencontre internationale en Afrique, regroupant la société civile, les décideurs politiques, les universitaires et chercheurs, les dirigeants d’institutions internationales et d’ONG, le secteur prive, les hommes et femmes de culture, autant d’acteurs qui acceptent de croiser librement leurs regards sur le devenir de notre continent dans son rapport au monde.

Le Mali, votre merveilleux pays, se trouve justement être le site d’accueil de cette rencontre tout a fait singulière depuis 9 ans maintenant, car après tout, vous garantissez aux uns et aux autres la possibilité effective de s’exprimer librement. Soyez en remercies encore, M. le Président.

L’Edition 2009 du Forum de Bamako a enregistre la présence remarquable d’acteurs de très haut niveau en matière de gouvernance, qu’elle soit locale, nationale, mondiale, qu’elle s’applique aux États, aux entreprises ou encore aux institutions internationales. Ils sont venus d’Afrique et d’Europe, animes, malgré leur diversité, par la volonté de réfléchir utilement et collectivement, sur un concept et une pratique devenus aujourd’hui incontournables dans les grands débats sur le devenir du monde.

A défaut d’apporter des réponses certaines a toutes les questions posées par la gouvernance des États comme des institutions internationales et des entreprises, notre Forum a permis au moins de mettre en exergue plusieurs questions, et incontestablement de bonnes questions. Il est clair que la réflexion se poursuivra au regard des derniers développements de la situation dans le monde marquée par la crise financière internationale qui prend de plus en plus les allures d’une véritable crise économique.

En effet, c’est le socle même de nos certitudes qui est interpelle, car il est devenu manifeste que ce sont nos modèles de gouvernance qu’il est faut interroger dans la perspective de les améliorer pour plus de prospérité, de mieux-être des populations et de paix dans le monde.

Dans ce sens, quelques grandes pistes de réflexion et d’actions ont traverse fortement les débats;

1.S’il est établi, selon des recherches sérieuses, qu’il n’existe pas en soi une nette corrélation entre ce qui est appelé “bonne gouvernance” et développement, il n’en demeure pas moins qu’un modèle efficace et vertueux de gouvernance favorise nettement la création de richesse et le développement, a l’échelle nationale comme a l’échelle des entreprises.

2.Même s’il n’existe pas un modèle unique en matière de gouvernance, le consensus semble établi autour d’un certain nombre de principes et d’exigences pour la performance dans la gestion des affaires publiques comme des entreprises privées, des questions au niveau national comme au niveau international: le choix clair des priorités qui tiennent compte de l’environnement, la concertation, la transparence, le genre, la légalité et l’équité. Au-delà donc des a priori idéologiques, il est question avant tout de pertinence et de cohérence dans les options et les instruments de mise en œuvre de ces dernières.

3.Malgré les difficultés inhérentes à toute expérience inédite, la décentralisation reste une bonne option dans les modèles de gouvernance. Il convient toutefois de veiller au développement d’une masse critique de compétences et de ressources pour permettre aux collectivités locales d’être de véritables pôles d’impulsion du développement.

4.Enfin, spécifiquement pour les entreprises, il est à la fois urgent et impératif que les États africains prennent la pleine mesure de l’enjeu stratégique de ces instruments de création de richesse et œuvrent, en conséquence, aux conditions de leur performance et de leur expansion. Le vrai débat, en effet, est loin d’être celui de la propriété. Il est plutôt dans les choix stratégiques d’investissement, les modèles de gestion bases sur la compétence, la distribution des pouvoirs entre les différents organes, la transparence grâce à la qualité de l’information financière diffuse, etc.,

M. le Président de la République, voici quelques axes tires de nos trois jours de débats.

Je vous réitère, au nom de tous les participants, nos sincères remerciements pour ces moments que vous nous accordez malgré vos nombreux engagements. Depuis bientôt sept ans, vous n’avez cesse d’être présent a nos cotes par un soutien jamais démenti mais aussi et surtout par votre participation active a la réflexion grâce aux commentaires éclaires par l’expérience que vous faites a chaque remise des conclusions du Forum.

Nous remercions également, a travers votre excellence, le peuple malien et son gouvernement pour l’accueil chaleureux, le soutien multiforme et la participation effective a la réussite de cet événement.

C’est le lieu de saluer l’appui des médias nationaux et internationaux qui, depuis, la première édition, ne cessent de donner un écho précieux au Forum de Bamako.

Je vous remercie.


M. Abdoullah COULIBALY

Vice Président de la fondation


LA GOUVERNANCE DES ENTREPRISES PUBLIQUES EN AFRIQUE - par VICTOR NDIAYE le 21/02/2009 @ 11:41

LA GOUVERNANCE DES ENTREPRISES PUBLIQUES EN AFRIQUE

       victor Ndiaye                                    Je souhaiterai partager une réflexion sur un point qui me paraît clé pour le développement de nos pays : la gouvernance des entreprises publiques. Pour quoi cette question est aussi importante ? Dans la plupart de nos pays, il suffirait de bien gérer une dizaine à une quinzaine de structures clés pour améliorer de façon significative la performance de nos économies. Ce n’est pas beaucoup. Pourquoi n’y arrive-t-on presque jamais ?
D’abord, est-il possible dans un pays que les entreprises publiques soient des références en matière de performance et de bonne gouvernance? Il est vrai que l’Etat est généralement considéré comme un mauvais actionnaire, ayant tendance à arbitrer sous le prisme de considérations politiques, qui souvent sont éloignées de celles du marché. Ceci explique pour beaucoup le phénomène observé au niveau mondial de désengagement partiel ou total de l’Etat de nombreux pans de l’économie, pour se focaliser sur un rôle d’orientation stratégique et de régulation. Pourtant, il existe bien des cas où les entreprises publiques se sont avérées être des modèles de gestion et de bonnes pratiques. C’est le cas à Singapour, où des sociétés étatiques comme Singapour Airlines sont dans leur secteur des références au niveau mondial. Quelques éléments caractérisent le succès de Singapour : une ambition nationale forte et partagée (par les politiques comme par les dirigeants d’entreprise) ou la supervision du portefeuille de l’Etat par un organisme exigeant et professionnel. Une première leçon du cas de Singapour est que les entreprises publiques sont généralement bien gérées lorsque l’environnement général d’un pays vise l’excellence et vous tire vers le haut. Pour assurer l’émergence d’un pays, il faut être capable de bâtir ce genre d’environnement. A ce stade, la situation dans nos pays est souvent toute autre : l’environnement vous tire vers le bas (l’administration, l’informel généralisé, le non respect de règles de base, vos propres amis et parents…).
Dans un tel contexte, la question est de savoir comment quelques rares entreprises font-elles pour, malgré tout, rester des « ilots d’excellence » ? De celles que j’ai connues, je tire trois signes particuliers : un manager souvent bien formé, courageux et avec des valeurs éthiques fortes, une équipe de direction soudée derrière lui, une relation directe avec les plus Hautes Autorités. Il manque quelque chose de fondamental : la performance de l’entreprise, les parts de marché gagnées, le nombre d’emplois créés, la contribution aux revenus de l’Etat, la contribution sociale. Certes, beaucoup de grandes entreprises annoncent qu’elles ont eu d’excellentes performances, à coups d’articles de presse « encouragés ». Nous sommes entourés d’annonces sur des nominations et des prix divers pour managers qui n’ont aucune valeur et qui sont en réalité monnayés. Dans ce brouhaha, la performance des meilleurs managers, souvent plus discrets et qui gèrent de façon rationnelle leur budget de marketing, est noyée
De ce qui a été dit jusque là, il manque un deuxième élément fondamental : ce sont les conseils d’administration. Une entreprise mal gérée, qui peut jouer avec ses comptes, dont le management piétine les bonnes pratiques de gestion, c’est aussi un conseil d’administration qui ne joue pas son rôle. Le Conseil d’administration est là pour contrôler la gestion des dirigeants, y compris en s’appuyant sur des auditeurs externes. La bonne gouvernance d’entreprise, c’est un Conseil d’administration et une Direction d’entreprise dont les rôles sont clairement séparés, qui constituent ensemble le gouvernement de l’entreprise et qui jouent chacun leur rôle, d’une part d’orientation stratégique, de conseil et de contrôle, et d’autre part de gestion. Et c’est d’abord à travers le Conseil d’administration que les attentes de l’Etat actionnaire doivent être exprimées et prises en compte, et non pas à travers des directives directes de la tutelle ministérielle ou d’autres ingérences du politique dans la gestion quotidienne de l’entreprise. Nos entreprises publiques ne sont donc pas seulement malades de leur management, elles sont malades de l’ensemble de leur gouvernement d’entreprise, avec des Conseils d’administration qui n’ont ni les pouvoirs, ni les compétences, ni les structures internes (comme par exemple les Comités d’audit) pour jouer pleinement leur rôle. Ces Conseils servent en réalité surtout à donner des compléments de salaire à des fonctionnaires ou des « voies de garage » pour des amis politiques.
Cette faiblesse du gouvernement d’entreprise n’est d’ailleurs pas propre à nos entreprises publiques. On la retrouve dans la plupart de nos entreprises privées, qui restent des entreprises familiales, où le rôle d’actionnaire et celui de manager restent confondus. A mon avis, c’est aussi la raison pour laquelle elles arrivent difficilement à franchir le passage de la PME à la grande entreprise, voire la multinationale. Elles ont beau avoir de gros chiffres d’affaires, avoir atteint une certaine taille critique, nos entreprises privées restent des PME de par leur gouvernance, leur fonctionnement et leur organisation. Pour grandir et bâtir des structures pérennes, ces entrepreneurs ayant brillamment réussi les processus de création et de développement de leurs entreprises doivent faire évoluer leur gouvernement d’entreprise, en accepter les exigences mais également toute la valeur ajoutée que peut apporter un bon Conseil d’administration. Ils ont besoin d’une distinction progressive des rôles d’actionnaire et de manager, ce dernier rôle devant être dévolu, non pas automatiquement à la famille , mais à des professionnels jugés au résultat.
Pour conclure, comment transformer nos entreprises publiques ? Au regard du diagnostic réalisé plus haut, nous avons pour tous les pays qui veulent véritablement améliorer la performance de leurs entreprises publiques deux propositions :
•     Premièrement : Les résultats de toutes les entreprises publiques doivent être publiés chaque année, au même titre que les sociétés cotées en bourse, pour assurer une totale transparence. Les sociétés privées sont obligées de publier leurs résultats car elles appartiennent à une multitude d’actionnaires qui doivent être informés. Cette exigence devrait être encore plus forte pour les sociétés publiques qui appartiennent à tous.
•     Deuxièmement : Les conseils d’administration doivent être revalorisés, pour garantir la fiabilité de l’information financière et assurer le contrôle du management. Ils doivent être composés d’administrateurs engagés et capables d’apporter une réelle valeur ajoutée, avec un nombre croissant d’administrateurs indépendants choisis pour leur compétence et leur probité, avec des comités internes, en particulier le Comité d’audit, avec, comme cela se développe de par le monde, une réelle responsabilité.
Ces deux propositions sont techniquement assez faciles à réaliser. Elles demandent juste de renoncer aux avantages et aux privilèges de quelques uns, pour le profit de tous. Elles demandent, ce qu’on appelle communément la volonté politique, très fréquents dans les discours, malheureusement un peu plus rares dans la pratique.

M. Victor G. NDIAYE

Président-Directeur Général Performances Management Consulting.



L’INADEQUATION DES MODES DE GOUVERNANCE PUBLIQUE EST AU CŒUR DE LA CRISE DU DEVELOPPEMENT - par Ousmane SY le 20/02/2009 @ 18:16

L’INADEQUATION DES MODES DE GOUVERNANCE PUBLIQUE EST AU CŒUR DE LA CRISE DU DEVELOPPEMENT:

 

oussy.JPGLa gouvernance est depuis quelques années un thème au cœur que tous les discours et surtout toutes les initiatives sur le développement de l’Afrique.Souvent réduite à une liste de recettes de « bonne gouvernance » que tous les pays se doivent d’appliquer pour sortir des crises politiques, économiques et sociales, la gouvernance doit être définie comme l’art de la gestion cohérente et équilibrée des capacités et des attentes d’un pays. Ce sont les ruptures de cette cohésion qui entraînent les crises de gouvernance qui finissent par annihiler tous les efforts pour le développement.

 

Comment gouverner ? est donc une question éternelle, mais qui appelle des réponses spécifiques dans le temps et dans l’espace. Les réponses à cette question doivent être en rapport avec contexte de chaque pays, ceci en fonction de ce qu’il y a à gérer et des moyens disponibles pour le gérer.

 

Pour s’en sortir, l’Afrique devra donc renoncer aux tentatives de reproduction de processus politico-institutionnels ‑ mais également socio-économiques – qui ont toujours laissé la majorité des populations urbaines comme rurales sur le bord du chemin. Le déficit de développement de l’Afrique, où une part de plus en plus importante de la population est dans une logique de survie et où la jeunesse manquant de perspectives s’enfuit est dû pour une large part à l’inadéquation du mode de gouvernance qui fini par compromettre le développement.

 

La crise financière et économique que le monde vit créée un contexte économique mondial nouveau où les moteurs externes de la croissance risquent de se ralentir, les investissements se repliant plutôt sur leurs pays d’origine. Les pays africains seront donc contraints à rechercher des moteurs internes à la croissance qui sont à l’état de gisement au niveau local.

 

Il est donc temps de renouveler la pensée sur le développement à partir du constat que les stratégies sectorielles à court et moyens termes ne suffisent plus pour le bien être des populations. Elles méritent être croisés avec des stratégies territoriales ancrées sur le long terme redonnant ainsi toutes leur importance aux économies locales comme fondement d’économies nationales solides et stables.

 

La méconnaissance des économies locales dites informelles, mais qui occupent le plus de personnes et qui distribuent le plus de revenu, est à la racine du malaise économique en Afrique. Je partage la conviction que l’avenir de l’Afrique est dans la remobilisation du local.

 

Mais les reformes de décentralisation qui en sont le passage obligé souffrent encore trop souvent d’entrave bureaucratique et d’absence de vision stratégique. Pour être une réponse pertinente aux défis qui interrogent la gestion publique, ces réformes devront être soutenues par une vision politique ancrée elle même sur une réelle volonté de changement. A mon avis, cette volonté doit promouvoir le développement territorial à travers :

 

i)la construction d’un partenariat gagnant/gagnant entre l'Etat central et les échelons territoriaux décentralisés,

ii)une répartition équitable des ressources publiques entre les échelons territoriaux et

iii)la redynamisation des économies locales.

 

 

 

 Ousmane SY

 


DébutPrécédent [ 1 2 3 ] SuivantFin
Qui sommes nous
F.F.B
Video

Publicité

img\\btihem.jpg

Ajouter votre pub
c'est gratuit

Newsletter
Pour avoir des nouvelles du Forum, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
Calendrier

Infos site
Ecrire à Boubacar NDiaye  Webmestre
Ajouter aux favoris  Favoris
Recommander ce site à un ami  Recommander
Version mobile   Version mobile
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

^ Haut ^

FONDATION FORUM DE BAMAKO - 2007
  Site créé avec GuppY v4.5.13 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL